Constats
Depuis son origine, le projet de Marseille-Provence 2013 se fonde sur la double analyse du rôle de la culture dans la construction de l’Europe et de sa place dans le renouveau de la cité. Cette double analyse conduit à quatre constats qui se vérifient tant à
l’échelon européen qu’à l’échelon local.

Un constat politique
Le rejet du projet de constitution européenne témoigne d’une conscience et d’une volonté insuffisamment partagées par les citoyens. Les résultats du référendum constitutionnel sur le territoire de Marseille-Provence ont été inférieurs à la moyenne nationale française et confèrent aux Marseillais la réputation de « mauvais Européens ».

Un constat économique
Le rapprochement de la culture et de l’économie est nécessaire en raison de deux évolutions récentes :
Le poids des activités culturelles augmente en termes d’emploi et de production.
L’économie de la connaissance, de l’innovation et de la création devient un facteur clé du développement. L’Europe en a fait une priorité dans le cadre des accords de Lisbonne. Marseille-Provence en a fait aussi le pilier de son « Schéma de cohérence territorial » (SCOT) pour la période 2006-2016. Ses responsables économiques, qui se sont rassemblés au sein du club « Ambition Top 20 » à la suite des accords de Lisbonne pour hisser Marseille parmi les 20 premières métropoles européennes, convaincus du rôle de la culture dans le rayonnement
et l’attractivité des territoires, ont pris dès 2007 des initiatives exemplaires pour soutenir Marseille-Provence au titre de Capitale européenne de la culture.

Un constat démographique
L’Europe est durablement le plus grand territoire d’accueil du monde. Les enjeux de l’immigration et du dialogue des cultures prennent une importance croissante avec la montée des périls identitaires et l’aggravation des déséquilibres entre Union Européenne et nombre de ses pays voisins. À cet égard, Marseille-Provence terre d’accueil, cité cosmopolite est un exceptionnel laboratoire européen d’intégration et d’échanges interculturels.

Un constat international
La culture est devenue, au fil des dernières années, une composante essentielle des relations internationales de l’Europe comme en témoigne notamment la récente convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle et les négociations de l’Union au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce. De même, Marseille-Provence engage, un effort sans précédent de rayonnement et de coopération internationale par la culture. Nous l’avons décrit dans le chapitre 1 de notre premier rapport.

Sous ce double aspect international et local de la dimension culturelle du développement, nous avons construit un projet, animé par cinq volontés :
1. La volonté de choisir un véritable parti de géopolitique culturelle européenne privilégiant parmi les stratégies et programmes de l’Union ceux auxquels Marseille-Provence peut apporter la contribution la plus efficace. À cet égard, nous nous sommes efforcés, dans cette seconde
étape, de nous conformer au nouvel agenda culturel de l’Europe tel qu’il a été défini pour la période 2007-2013. L’adoption de ce parti a conduit à définir un concept qui irrigue et fédère l’ensemble des thèmes et des programmes du projet, lui confère sa force et son originalité, lui assure sa pérennité au-delà de 2013, rassemble pour sa mise en œuvre, acteurs et populations : les « Ateliers de l’Euroméditerranée ». La réalisation concrète de ce concept constituera en Europe une expérience inédite et exemplaire.
2. La volonté de bâtir une programmation sur les thèmes qui correspondent aux enjeux de ce parti d’action culturelle européenne et de développer sur ces thèmes des expériences, des réflexions, des échanges de savoirs et de pratiques.
3. La volonté de mobiliser sur ces expériences le plus grand nombre d’acteurs locaux et européens dans les champs de l’art, de la connaissance et de l’économie et d’offrir à tous les citoyens la possibilité d’y participer.
4. La volonté de produire des œuvres afin de soutenir la création contemporaine en Europe, d’en promouvoir à la fois la diversité et les caractères communs, d’enrichir la cité d’un patrimoine nouveau. Un effort exceptionnel en faveur de la commande publique et privée est engagé à cette fin.
5. La volonté de transformer durablement la ville, de mettre en œuvre un vrai projet de territoire et préparer dès à présent « l’après 2013 ».

Le travail accompli pour la première sélection a permis d’élaborer avec les acteurs de Marseille- Provence rassemblés à cette fin, le sens et le contenu général du projet : choix des objectifs, sélection des thèmes, conception des programmes, appréciation des moyens nécessaires, installation de l’organe de décision, engagement des négociations de partenariats locaux, nationaux, internationaux. Il nous a permis de définir « ce que veut faire Marseille-Provence pour progresser ».