Marseille revient de loin
Une aire
métropolitaine ne peut se développer sans une ville centre puissante et
attractive. Or, Marseille revient de loin. Au début des années 1990, la
ville accusait encore un taux de chômage de plus de 20 %, une perte de
près de 150 000 habitants et la disparition de 50 000 emplois. Afin
d'inverser ce mouvement de déclin, Marseille s'est engagée, depuis
1995, dans plusieurs grands chantiers de rénovation dont les plus
importants ont été soutenus par l'Union Européenne.
Le plus
emblématique étant la création de l'établissement public d'aménagement
Euroméditerranée, qui conduit, depuis lors, la plus grande opération de
requalification urbaine en Europe (200 000 m2 de bureaux ont été
construits et 16 000 emplois créés sur son périmètre). Mais il faut
également citer L'opération de développement commercial et immobilier
en centre-ville, le Grand Projet de Ville (GPV) et le Plan de
déplacements urbains qui a abouti à la création de deux lignes de
tramway.
Les résultats de ces efforts n'ont pas tardé à se faire
sentir. Depuis 2000, le chômage baisse dans tous les secteurs de la
ville et le nombre d'emplois a augmenté de plus de 4 %. Marseille a
retrouvé son rang de place internationale. Cependant, les forces
mobilisées ne doivent pas se relâcher.
Une dynamique de croissance
Marseille
compte poursuivre sa politique fructueuse de « grands projets » et
instaurer une nouvelle dynamique de croissance et de modernisation.
Pour ce faire, la capitale régionale et sa communauté urbaine misent
fortement sur la culture et sur l'économie de la connaissance. La
candidature de Marseille Provence 2 013 est la traduction et la mise en
acte de cette volonté.
Cette candidature est d'autant plus
légitime qu'elle est conçue à l'échelle de l'aire métropolitaine toute
entière. L'association candidate couvre, outre Marseille Provence
Métropole, plusieurs autres pôles urbains importants : Arles et la
Camargue, la communauté urbaine de Toulon, Aix-en-Provence et sa
communauté de pays, Martigues et les villes de l'Etang de Berre,
Salon-de-Provence et l'Agglopole Provence, ainsi que le Pays d'Aubagne
...
Du local à l'universel
La candidature compte
accompagner le processus de transformation de ce territoire en
insistant tout particulièrement sur sa vocation historique d'échange.
Echanges commerciaux comme nous l'avons vu plus haut. Mais aussi
échanges des connaissances et des savoirs. Marseille Provence regroupe
12 écoles d'ingénieurs et de management et 3 universités. En matière de
recherche, l'aire métropolitaine couvre un large éventail de
disciplines, tant en science de l'ingénieur qu'en science du vivant (2e
pôle de recherche fondamentale ; 2e pôle de recherche publique en
France ; 40 % de la recherche astronomique et spatiale française ; 1er
pôle de recherche sur les médecines tropicales). Plusieurs pôles de
compétitivité sont implantés à Marseille (technopôle de Château Gombert
; Parc scientifique et technologique de Luminy) et sur le territoire de
Marseille Provence (Euro pôle Méditerranéen de l'Arbois ; projet ITER ;
Centre de Cadarache ; pôle Mer dont la tête de réseau est à Toulon avec
des activités importantes à Marseille et La Ciotat).
Et bien
sûr, échanges culturels, Marseille Provence étant, depuis l'antiquité,
point de convergence des cultures du Nord et du Sud. De fait, les
acteurs culturels de la métropole ont tissé de nombreux liens
internationaux et euroméditerranéens. De 2000 à 2006, 112 projets de
coopération internationale ont été réalisés par 83 opérateurs culturels
de Marseille Provence. Ces opérateurs sont très divers, tant par leur
vocation que par l'ampleur de leurs moyens, grands établissements ou
associations plus modestes. 65 % des projets ont pour partenaires des
acteurs de la Méditerranée (pays de l'Europe du Sud ; pays des rives
orientales et méridionales).
Un potentiel à valoriser
Marseille
Provence 2013 travaillera donc à amplifier la vocation internationale
de ce territoire. Cette candidature entend notamment palier à :
- Une trop grande dispersion et cloisonnement des forces et des activités ;
- Un relatif isolement des acteurs ;
- Une
médiocre mise en valeur, au-dedans comme au-dehors, de la qualité et de
l'exemplarité des programmes, des expériences, des résultats ;
- Une insuffisance à Marseille des événements de référence internationale.
Aujourd'hui Marseille Provence représente déjà :
- Un grand pôle universitaire, de recherche et d'innovation.
- Le second centre de production d'images animées de France après Paris.
- L'un des premiers pôles français de festival des arts vivants.
- La plus forte densité théâtrale après Paris.
- Une activité musicale exceptionnelle de richesse et de diversité.
- 61 musées dont 13 à Marseille.
- Deux maisons d'Opéra à Marseille et à Toulon.
- Un pôle éditorial puissant.
- Un patrimoine bâtit exceptionnel notamment à Arles et à Aix-en-Provence.
- Un patrimoine naturel unique au monde (Calanque, Camargue, Sainte Victoire...).
Onze nouveaux projets structurants seront achevés en 2013 :
A Marseille :
- Le Mucem (Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée)
- La Friche La Belle de Mai
- Le Silo
- Le Centre régional de la Méditerranée
- L'IMéRA (Institut Méditerranéen de Recherche Avancée)
- La Cité des arts de la rue
- Le Château de la Buzine
- Le FRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur
Sur le territoire de Marseille Provence :
- Les Ateliers SNCF à Arles
- Le Théâtre de la Liberté à Toulon
- Le pôle théâtral de La Seyne-sur-Mer
- Le nouveau Grand Théâtre de Provence qui vient d'ouvrir à Aix-en-Provence
Ces
nouveaux chantiers apporteront à la capitale européenne de la culture
la dimension souhaitable à la fois sur le plan international et sur le
plan de la pérennité des manifestations envisagées.
La culture actrice de la transformation urbaine
Marseille Provence 2013 entend imbriquer intimement visibilité internationale et processus de "renouveau de la cité".
Marseille
a obtenu le prix « Eurocities Award » en 2002 pour ses projets
culturels novateurs en matière de régénération urbaine sur le thème «
la culture, force motrice pour les villes ». C'est dire l'importance de
la tâche accomplie, avec l'aide des fonds structurels européens, pour
investir dans la création d'équipements et d'activités culturels afin
d'affermir la cohésion sociale, de requalifier un patrimoine industriel
en déshérence, de rénover des quartiers en déclin, de faire participer
à la vie culturelle des publics qui en étaient exclus.
Marseille
Provence a su réaliser le mariage singulier des cultures savantes et
des cultures populaires. Cette volonté constante d'innover en matière
de création, de production, de diffusion et de médiation s'exprime
notamment dans le cade des friches artistiques pluridisciplinaires
(Friche La Belle de Mai, Comptoir de la Victorine, Gare Franche, Cap
15, Ateliers SNCF, Cité des arts de la rue...).
Marseille
Provence offre également des terrains d'expériences pour toutes les
écritures contemporaines, urbaines, les arts du cirque et du geste.
Avec des compagnies de dimension internationale, ainsi que des
structures de production, de recherche, d'action et de médiation.
Marseille
Provence se veut un laboratoire de la démocratie culturelle. Dans le
domaine de l'éducation artistique, l'académie d'Aix Marseille, en
convention avec les collectivités territoriales, les établissements
culturels, les associations spécialisées, initie et soutient chaque
année des actions pédagogiques dont le nombre et les moyens sont parmi
les plus élevés de France.
Les pratiques amateurs,
particulièrement développées sur ce territoire, fédèrent autour d'elles
un large panel d'activités (établissements culturels, d'éducation,
d'animation...) et génèrent un nombre croissant d'événements (forums,
rencontres, festivals, concours, échanges nationaux, européens,
méditerranéens...)
Le quart d'entre elles a une vocation
culturelle. La plupart interviennent dans les quartiers déshérités,
dans les écoles, dans les situations sociales extrêmes (milieu
hospitalier, milieu carcéral). La mise en œuvre, depuis 2007, du
nouveau Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS) ouvre des
perspectives nouvelles dont le projet de candidature s'est saisi et
qu'il saura exploiter.
Comment unifier sans uniformiser ?
Comment
pallier les faiblesses, tirer profit des atouts et favoriser
l'expression des complémentarités ? Marseille Provence 2013 s'efforcera
de mieux assembler et fédérer les forces éparses autour d'ambitions et
de thèmes communs, de créer des événements de références sans céder
pour autant aux dérives de « l'événementiel », sans sacrifier les
vocations de recherche et d'expérimentation, ni le souci d'agir au plus
près des citoyens et de leurs attentes.
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